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Business
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Traitez vos clients
comme
vous souhaiteriez être traité !
D’après le livre de John McKean
Customers Are People : The Human Touch, John Wiley & Sons
Sur quels critères décide-t-on d’acheter un
produit ? Comment choisit-on le lieu d’achat ? A priori,
nous recherchons le meilleur produit au meilleur prix. Mais sur
des marchés où les offres tendent à se ressembler, nous optons
alors pour l’entreprise qui saura le mieux nous écouter. |
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Selon les
recherches menées par John McKean, 70 % de nos décisions d’achat
sont dictées par la manière dont nous sommes servis, le produit en
lui-même n’intervenant qu’à 30 %. De quoi faire réfléchir ! Car dans
le même temps, l’entreprise consacre 80 % de son budget marketing à
optimiser l’approche commerciale, avec un objectif bien précis :
proposer « le bon produit, à la bonne personne, au bon moment ».
Seules 20 % des ressources sont allouées à servir le client, avant,
pendant et après l’achat. À force de rechercher à « faire une vente
», l’entreprise se prive d’une belle opportunité, celle d’influer
sur les décisions d’achat futur de ses clients. Certes, une telle
stratégie crée du profit à court terme, mais elle risque de profiter
également aux concurrents. Car si vendre un produit est une chose,
révéler la valeur différenciante du produit et de l’offre entière
qui s’y rattache en est une autre. Un consommateur bien traité,
c’est de la confiance acquise, et une quasi-assurance pour la marque
de voir revenir ses clients. Ce dont les consommateurs se
souviennent, c’est la « touche personnelle ». C’est elle qui dicte
leurs achats.
« Ce dont les consommateurs se souviennent, c’est la « touche
personnelle ». C’est elle qui dicte leurs achats. » |
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LE CLIENT EST UNE PERSONNE
Si créer une Relation Client forte et durable est aujourd’hui le
grand projet du marketing, les résultats ne sont pas toujours là. À
la vérité, le client ne souhaite pas – n’a jamais souhaité –
s’engager dans une relation intime avec une marque et livrer des
informations relatives à sa vie privée. Après tout, mon banquier dit
qu’il m’aime, mais est-ce qu’il me donne envie de l’aimer ?
Pragmatique, le client demande avant tout à une marque qu’elle lui
témoigne reconnaissance, respect et lui inspire confiance.
 JOHN
MCKEAN dirige le Center for Information Based Competition,
cabinet expert en connaissance client. Ses travaux sont le fruit de
vingt ans de recherche basées sur des cas réels. Conseil auprès de
grandes firmes internationales, il enseigne au MIT Sloan Graduate
School et à Harvard University. Pour en savoir plus :
www.informationmasters.com
Être reconnu
Pour un client, le fait d’être reconnu – dans une boutique, par
un conseiller au téléphone… – est un élément capital qui le fidélise.
« Reconnaissez-moi, montrez que j’existe pour vous et sachez
répondre à mes aspirations du moment ». En plaçant des « door
greeters » à l’entrée de ses magasins, Sam Walton, le fondateur de
Wal-Mart – premier distributeur mondial – s’inspira ni plus ni moins
de l’épicier d’antan. Leur mission est précise : « Soyez le plus
amical possible, souriez et aidez les personnes qui nous font
l’honneur d’entrer dans nos magasins ». Leur recrutement répond à
des critères rigoureux : un tempérament enjoué, attentif à autrui et
un sourire authentique. Dès l’entrée, c’est tout l’esprit Wal-Mart
qui accueille les clients. La reconnaissance passe par de multiples
signes : dans une concession Land Rover citée par l’auteur, un appel
entrant ne sonne jamais plus de trois fois ( le personnel est équipé
de téléphone portable), un client qui passe la porte est accueilli
dès la première minute. Lors de la mise à disposition d’un véhicule
– moment chargé d’émotion pour le client – la concession « célèbre »
l’évènement autour de rafraîchissements avec le personnel concerné.
Des enquêtes montrent que le client se souvient davantage de la «
touche personnelle » au moment de prendre possession de son véhicule
que du check-up technique qui s’y déroule. Enfin, chaque livraison
de véhicule fait l’objet d’un point interne au cours duquel sont
discutées les améliorations possibles dans le processus de vente.
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Être respecté
Dire « merci », « s’il vous plait», répondre à un e-mail en 24
h, respecter le tempsdu client… autant de valeurs trop souvent
négligées. Pourtant le respect du client est un avantage
concurrentiel important, à deux niveaux : le client doit sentir que
l’entreprise est digne de confiance et qu’elle fera bon usage de
l’information partagée. Il doit aussi s’assurer qu’elle continuera à
délivrer ses promesses sur le long terme. Comment mesurer le respect
que l’on porte à ses clients ? En se mettant à leur place. Si vous
étiez client, apprécierez-vous cette musique, aimeriez-vous attendre
ici dans ce cadre ? Est-il acceptable pour votre client de consacrer
autant de temps et d’énergie à l’achat de vos produits ? Le tarif
fixé pour ce nouveau service se justifie-t-il ? Est-ce que le
processus d’achat est optimisé ? Chez Wal-Mart, un système détecte
toute attente trop longue aux caisses. Immédiatement, un employé
s’adresse à chaque client dans la file, pré-emballe et scanne ses
produits, puis lui remet un ticket. Une fois arrivé à la caisse, le
client n’a plus qu’à présenter son ticket et à régler. Moins stressé,
le client perçoit Wal-Mart comme un vrai partenaire qui le comprend
et l’aide à jongler avec ses contraintes de temps.
Avoir confiance
Un client n’achète que s’il a confiance. Et il n’accordera sa
confiance à une entreprise qu’une fois certain que celle-ci remplira
ces trois missions :
- Lui livrer le meilleur produit
- Au juste prix
- En le traitant avec respext et courtoisie |
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Dans une concession automobile Lexus, lorsqu’un
véhicule en réparation n’est pas prêt pour l’heure promise, le
client est prévenu trois heures à l’avance. On lui explique surtout
la cause de ce retard. Le plus souvent le client ne s’en offusque
pas car le garagiste lui donne des explications claires. Autre point
important, tout garage Lexus maintient une flotte de véhicules neufs
qu’il prête aux clients à leur convenance. Cette flotte représente
une charge d’exploitation non négligeable pour Lexus, mais largement
compensée par un taux de fidélité bien plus élevé que les standards
de la profession.
CRÉER LE DÉSIR DE LA RELATION
Le marketing sait créer le désir pour des produits. Il ne sait
pas toujours créer le désir de la relation. Comment donner au client
le sentiment d’être compris ? D’être considéré comme une personne
capable de raison autant que d’émotions ? Les recherches menées par
John McKean sont manifestes : lors d’un achat, le client est
davantage réceptif à la charge émotionnelle ressentie qu’aux
avantages inhérents au produit ou au service.
Pour l’auteur, trois critères dictent la décision
d’achat d’un client :
- Ce qu’il obtient – le produit et ses bénéfices
- La manière de l’obtenir – la relation client
- Ce qu’il règle – le prix
De manière à comprendre comment interagissent ces
trois facteurs, l’auteur propose de calculer la (VAC). Cette valeur
mesure l’efficacité d’une entreprise à délivrer à sa clientèle des
produits et services supérieurs à ce qu’elle pourrait obtenir chez
un concurrent.
VAC = Valeur perçue d’une offre
Valeur
perçue d’une offre concurrente
« Est-ce que j’en ai assez pour mon argent ? »
Cette question somme toute triviale est la clé de voûte du concept
de VAC. D’un point de vue stratégique, l’approche VAC permet à une
entreprise de comprendre et influer sur les trois composants
nécessaires au succès :
- Fixer le juste prix pour une offre spécifique
- Être meilleur que la concurrence à délivrer le produit, la
prestation
- Communiquer en permanence sur la valeur induite. Le client a
besoin de le savoir
Cette troisième phase est trop souvent négligée par
l’entreprise. Beaucoup d’investissements et d’énergie sont consacrés
à proposer et à délivrer le bon produit, trop peu à communiquer sur
la valeur élevée de l’offre. Au final, la valeur perçue par le
client s’en trouve diminuée. |
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« Le
client doit sentir que l’entreprise est digne de confiance et
qu’elle fera bon usage de l’information partagée. »
L’implémentation de la VAC chez Suncorp
Suncorp, 7e banque et 2e assureur australien (3,5 millions de
clients, 8 400 salariés, 276 agences), enregistrait déjà le meilleur
score en termes de nombre de produits par client : 3,6.
Mais face à un marché hyperconcurrentiel où la différence se fait
essentiellement sur le service, Suncorp a souhaité mettre en place
un programme VAC en lui assignant quatre objectifs :
- Augmenter plus vite que le marché le profit de chaque activité
- Être N° 1 en Satisfaction Client
- Augmenter la productivité
- Accroître la satisfaction du personnel
Le travail réalisé repose essentiellement sur
l’ajout de « touches personnelles »insufflées dans les moindres
détails du programme. L’ensemble des procédures a été redéfini pour
apporter au client reconnaissance, respect et signes de confiance.
Parmi les initiatives, on peut noter :
- Appels entrants pris en soixante secondes maxi
- Réparations autoremboursées dans les cinq jours
- Attentes aux guichets inférieures à cinq minutes
Le besoin légitime de clore chaque étape
Tout est une question de perception. Souvent l’entreprise estime
prématurémentêtre arrivée au terme d’une étape, alors que le client
le perçoit différemment. Suncorp s’assure ainsi que chaque moment
clé de la relation se solde par un « évènement » qui stipule
clairement au client qu’il passe d’une étape à l’autre. Suncorp leur
a donné un nom : les « rites de passage ». Suite à une demande de
crédit, par exemple, la banque envoie systématiquement une lettre au
prospect lui confirmant qu’elle possède tous les éléments
nécessaires à l’élaboration de sa proposition. Dans cette lettre,
Suncorp montre aussi qu’elle a à cœur de servir ses clients comme
des personnes et non comme de simples numéros. Suncorp s’assure
également que le conseiller qui a initialement reçu la demande de
prêt sera signataire des courriers suivants et traitera le dossier
jusqu’à son terme. L’incidence positive dans le coût de gestion
client est non négligeable. Un manque de clarté dans les étapes
ultérieures entraîne inévitablement des appels au centre d’appels,
des visites en agence et une montée de l’anxiété du client : « Ai-je
bien tout fait ? Que suis-je supposé faire maintenant ? Des
désagréments facilement déjouables avec un peu de bons sens. Car
après tout, la bonne marche de l’entreprise n’est-elle pas de
traiter ses clients comme nous souhaiterions être traités en
pareille circonstance ? |
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